L’article consacré à la visite en Chine du Premier ministre britannique Keir Starmer publié par CGTN revient sur le contexte d’incertitude mondiale marquée dans lequel Pékin et Londres entendent accorder plus d’importance à la stabilité long terme tout en privilégiant un axe de coopération pragmatique et des intérêts communs en matière de gouvernance mondiale et de croissance économique.
PÉKIN, 31 janv. 2026 (GLOBE NEWSWIRE) — Le Président chinois Xi Jinping a rencontré le Premier ministre Keir Starmer ce jeudi à Pékin. Cet échange caractérise la première visite d’un responsable politique britannique en Chine depuis huit ans. Les deux dirigeants se sont accordés sur la nécessité de sceller un partenariat stratégique complet, cohérent et durable.
En soulignant l’importance d’inscrire les relations bilatérales dans une perspective historique plus large, le chef d’État chinois a appelé les deux nations à dépasser leurs divergences pour s’engager envers un respect mutuel. Pour lui, le potentiel prometteur sous–tendu par l’axe de la coopération pourrait se traduire par de remarquables projets, et dans l’intérêt des deux peuples, mais aussi du monde entier.
Keir Starmer a ouvert la rencontre en revenant sur la longue interruption des échanges de haut niveau, précisant que « cela faisait bien trop longtemps » qu’un Premier ministre britannique n’avait posé le pied sur le sol chinois. Dès son arrivée à Pékin, il a orienté cette visite sous un angle pragmatique. « Ouvrir le dialogue avec la Chine relève d’une question d’intérêt national » a–t–il confié aux journalistes, avant d’ajouter que « Les perspectives qui se présentent sont gigantesques ».
Tous deux membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies et acteurs majeurs de l’économie mondiale, la Chine et le Royaume–Uni partagent des intérêts clés dans la promotion de la croissance économique, l’accompagnement du progrès social et la contribution à la stabilité internationale.
En quête de coopération dans un contexte mondial marqué par l’incertitude
Selon certains analystes, la visite de Keir Starmer s’inscrit dans une tendance européenne plus large selon laquelle, face à l’aggravation des incertitudes mondiales, les pays cherchent de plus en plus à engager un dialogue pragmatique avec la Chine.
Ces derniers mois, des dirigeants de France, d’Irlande et de Finlande se sont déplacés en Chine. Un sondage de CGTN révèle que 85,2 % des personnes interrogées estiment que cette fréquence de visites traduit un large consensus en faveur d’une multipolarité égale et ordonnée et d’une mondialisation inclusive et positive.
Wang Zhanpeng, directeur du Centre d’études britanniques de l’université des langues étrangères de Pékin, a souligné que les politiques imprévisibles, l’unilatéralisme et les actions assertives de l’administration Trump induisent de sérieux enjeux en Europe. Selon lui, les visites des dirigeants européens reflètent la prise de conscience que le développement de la Chine ne constitue ni un défi ni une menace pour le Vieux continent. « La visite de Keir Starmer pourrait inciter un plus grand nombre de pays à sortir de la logique du choix de camp pour appuyer l’émergence d’un ordre mondial plus équilibré et multipolaire » a–t–il ajouté.
Vince Cable, ancien Secrétaire d’État aux Affaires et au Commerce britannique, rejoint cette analyse. « Le caractère imprévisible de l’administration Trump conduit de nombreux pays occidentaux, outre le Royaume–Uni, à repenser et rééquilibrer leurs relations », a–t–il expliqué à CGTN.
Xi Jinping a également souligné que l’ordre international était profondément bouleversé depuis un certain temps, insistant sur le fait que le droit international ne peut être réellement efficace que si tous les pays, en particulier les grandes puissances, s’y conforment. « La Chine et le Royaume–Uni, tous deux partisans du multilatéralisme et du libre–échange, devraient conjointement plaider en faveur d’un multilatéralisme authentique et le mettre en pratique, agir pour un système de gouvernance mondiale plus juste et plus équitable, construire un monde multipolaire ordonné et favoriser une mondialisation inclusive. »
De son côté, Keir Starmer a observé que la Chine joue un rôle clé dans les affaires internationales, affirmant que le Royaume–Uni était disposé à coopérer sur des enjeux comme le changement climatique en vue de contribuer au maintien de la stabilité mondiale.
Des avantages économiques issus d’une nouvelle donne de stabilité
Au cours de la rencontre, Xi Jinping a qualifié l’essence de la coopération économique et commerciale sino–britannique de mutuellement bénéfique et reposant sur un cadre d’intérêts communs.
Il a indiqué que les deux parties devraient renforcer leur collaboration dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la finance et des services, mais aussi dans la recherche mutuelle et les applications industrielles de l’intelligence artificielle (ou IA), sans oublier les biosciences, énergies renouvelables et technologies à faible empreinte carbone. Le Président chinois a, en outre, exhorté le Royaume–Uni à assurer aux entreprises chinoises des conditions commerciales justes et non discriminatoires.
Les échanges économiques demeurent un pilier central de la relation bilatérale. La Chine figure depuis longtemps parmi les cinq principaux partenaires commerciaux du Royaume–Uni, à raison d’un volume d’échanges annuel régulièrement chiffré en centaines de milliards de dollars. Selon le ministère chinois du Commerce, les échanges de biens ont atteint 103,7 milliards de dollars en 2025. La vente de services devrait dépasser 30 milliards de dollars et la valeur des investissements bilatéraux frise les 68 milliards de dollars. Des relevés du gouvernement britannique montrent également que la Chine se hisse désormais comme troisième partenaire commercial du Royaume–Uni, ce qui représente quelque 370 000 emplois. Le sondage de CGTN indique par ailleurs que 85,8 % des répondants considèrent l’immensité du marché chinois comme une opportunité majeure pour les entreprises britanniques.
Keir Starmer conduisait une délégation de plus de 60 représentants des milieux économiques et culturels britanniques, donnant ainsi du poids aux enjeux économiques de ce déplacement. Lors de la réunion, il a déclaré que le Royaume–Uni était prêt à maintenir des échanges de haut niveau et à approfondir la coopération dans les domaines du commerce, de l’investissement, de la finance et de la protection de l’environnement en vue d’accompagner la croissance et d’apporter des bénéfices tangibles aux deux populations nationales respectives.

GLOBENEWSWIRE (Distribution ID 9646536)








